Quand l’énergie revient, le réflexe de tout rattraper
Il y a des périodes où tout demande plus d’effort.
On avance au ralenti.
On fait le nécessaire.
On reporte ce qui peut attendre.
Et puis, parfois, sans prévenir, l’énergie revient un peu.
Pas forcément beaucoup.
Mais suffisamment pour sentir cette petite envie de faire, de bouger, de reprendre quelque chose laissé de côté.
Et là, très vite, une autre voix peut apparaître :
Profites-en.
Tu as plein de choses en retard.
Il faut rattraper le temps perdu.
Alors on ouvre les dossiers qu’on avait laissés de côté.
On répond aux messages.
On remet de l’ordre.
On relance les projets.
On remplit la journée.
Et parfois, quelques heures plus tard, l’élan est déjà retombé.
Le problème n’est pas d’avoir envie d’avancer.
Le problème, c’est de croire que chaque retour d’énergie doit immédiatement devenir une séance de rattrapage.
Quand le quotidien est déjà chargé, les périodes de fatigue laissent souvent derrière elles une longue liste de choses en attente. Alors quand un peu d’énergie revient, cette liste peut donner l’impression qu’il faut en profiter avant que ça disparaisse.
Comme si cette énergie était une fenêtre très courte qu’il fallait exploiter au maximum.
Mais l’élan n’a pas besoin d’être rentabilisé.
On peut simplement choisir ce qu’on veut en faire.
Parfois, ce sera avancer sur un papier important.
Parfois, reprendre un projet qu’on aime.
Et parfois, ce sera juste faire quelque chose qui nous fait du bien.
Ce que les témoignages d’aidantes nous rappellent
Il y a quelque temps, j’ai posé une question sur mon profil personnel autour de ce retour d’énergie.
Les réponses qui ont été partagées m’ont rappelé quelque chose de très simple.
Une personne parlait du bien-être de ses enfants, des câlins du quotidien, des balades à pied, du bourdonnement des insectes, des oiseaux, de deux écureuils dans un arbre.
Prendre le temps d’observer ce qui est beau autour de soi.
Une autre aidante expliquait qu’elle n’essayait plus forcément de rattraper tout ce qu’elle avait laissé de côté lorsque la motivation revenait.
Elle reprenait doucement, selon l’énergie disponible.
Elle rappelait aussi quelque chose de très juste : il n’y a pas de notice pour être aidante.
Certaines périodes prennent toute la place. La santé du proche devient prioritaire, et nos propres projets passent parfois après.
Et lorsque l’espace revient enfin un peu, les choses simples peuvent prendre un autre goût.
Un bon repas.
Un petit achat qui fait plaisir.
Un café en terrasse.
Une balade.
Un câlin.
Des choses minuscules en apparence.
Mais qui peuvent suffire à remettre un peu de mouvement dans une journée.
C’est peut-être ça qu’il faut protéger quand l’élan revient.
Pas la quantité de choses qu’on va réussir à faire.
Mais la manière dont on utilise cette énergie.
Choisir où mettre son énergie
Au lieu de se demander :
« Combien de choses vais-je pouvoir rattraper aujourd’hui ? »
on peut peut-être essayer :
« Qu’est-ce qui mérite vraiment mon énergie aujourd’hui ? »
La différence paraît petite.
Mais elle change beaucoup de choses.
Parce qu’elle remet le choix au centre.
Parce qu’elle permet de faire une chose importante sans transformer toute la journée en sprint.
Et parce qu’elle laisse aussi de la place à ce qui fait du bien.
Avancer ne veut pas toujours dire faire davantage.
Parfois, avancer, c’est simplement utiliser ce petit regain d’énergie sans le vider entièrement.
En garder un peu pour demain.
Ou juste pour soi.
C’est aussi ça, la survie douce.
Ne pas essayer de gagner une course contre le temps.